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Festival les Trois éléphants

Kabylie, 1959. Terrien, un lieutenant idéaliste, prend le commandement d'une section de l'armée française. Il y rencontre le sergent Dougnac, militaire de carrière. La guerre va mettre les deux hommes à l'épreuve.
Dans son paquetage il y a L'écume des jours. Boris Vian comme lecture de chevet, le symbole du peu d'enthousiasme avec lequel Terrien a obéi aux ordres. Un intellectuel et un idéaliste, mais un lieutenant d'abord. Envoyé en mission dans les hautes montagnes kabyles pour prendre la tête d'une section de l'armée française en pleine guerre d'Algérie.
Ses professions de foi pacifistes font sourire les hommes sur le terrain, quand elles ne les exaspèrent pas. Juge-t-il la torture insupportable? Souhaite-t-il refuser un ordre quand il est «moralement inacceptable»? Tout ça n'aura qu'un temps: «Vous venez d'arriver, vous verrez, vous changerez. Comme nous tous.» Sur le chemin de cette adaptation, il croisera un sergent désabusé, avec lequel il sera constamment en divergence. Et pourtant dans leur for intérieur ils ne sont pas loin de partager les mêmes sentiments.
Réputé frileux à planter sa caméra dans les dossiers d'actualité qui dérangent, le cinéma français semble s'être donné rendez-vous dans une session de rattrapage de l'Histoire. Un demi-siècle après, voici toute une série de longs-métrages qui s'efforcent de regarder la Guerre d'Algérie pour en décortiquer les déchirements personnels qu'elle a provoqués. Il y a eu La trahison de Philippe Faucon l'an passé, puis Mon colonel de Laurent Herbiet et encore, sur un registre un peu différent, le regard d'un enfant, les Cartouches gauloises de Mehdi Charef pendant l'été.
Les uns et les autres rebondissent sur des ressorts dramatiques très proches. Ici encore, le scénario bien argumenté de Patrick Rotman, il préparait un documentaire sur le sujet quand il s'est se vu proposer de collaborer à cette production, s'intéresse à des cheminements individuels pour aborder des considérations générales. La perte de l'innocence. Comment sur le terrain les exigences morales et philosophiques des protagonistes voleront en éclat sous les coups répétés d'une violence exprimée dans des formes multiples, jusqu'à l'horreur. La guerre change ceux qui la vivent, et ce qu'ils deviennent peut leur être parfois difficile à supporter et à vivre.
Ces personnages à la caractérisation parfois un peu convenue trouvent leur vigueur et leur caractère dans la composition qu'en font de bouillants interprètes. Benoît Magimel, Albert Dupontel, Aurélien Recoing, Marc Barbé, tous à la fois carrés et sensibles, pour faire vivre des sentiments contrastés dans un récit ponctué de séquences spectaculaires. Le tout orchestré par un Florent Emilio Siri rôdé par son jeune passé (Otage, Nid de guêpes) à la pratique des images rudes et fortes.
Michel, Vitré : "Ennemi intime"
Très beau film. Paysages, jeu des acteurs et surtout ENFIN un film Vérité. On y voit tout : à la barbarie de l'un répond la torture de l'autre, le doute des appelés devient férocité devant la mort des copains, les harkis autant français qu'Algériens mais soldats disciplinés, ceux qui changent de camp jusqu'au jour où... Bien sur on ne voit ici que ce qui se passe sur les pitons et non dans les grandes villes. Mais pour l'essentiel des appelés c'est cette bataille qu'ils ont vécu. (04/11/2007)
Maurice , Brest : "Accrochez-vous ..."
Les images sont dures ; sûrement proches de la réalité et non loin de chez nous . Gamins nous ne savions que peu de choses ; plus grands , il fallait chercher les infos. Aujourd'hui ce film "éclabousse" plus les dirigeants qui ont voulu et ( ou ) permis ce conflit ; que les acteurs directs. (04/11/2007)
Beatrice, La Roche-sur-Yon : "Film indispensable"
A voir absolument. Indispensable à notre culture générale. Que savons nous de cette guerre qui n'a été qualifié par ce terme qu'en 1999. Rien ou pas grand chose. De nombreuses images sont difficiles à supporter et je m'étonne qu'il ne soit pas interdit au moins de 12 ans mais peu importe. La guerre rend fou, la preuve en ait... Ca fait réfléchir. (18/10/2007)
Erwan R., St Herblain : "un huis clos en pleine Kabylie"
Un grand film, à n'en pas douter, et cela pour diverses raisons. Le jeu des acteurs sonnent justes, Albert Dupontel est encore une fois extraordinaire (César ?), Benoit Magimel arrive à faire évoluer son personnage dans un jeu d'introspection très fort. Ce film traite d'un camp, d'un instant, d'un groupe d'ados (appelés d'une vingtaine d'années) et de militaires d'origine algérienne, qui se retrouvent confronter à leurs propres démons et à une guerre qu'ils ne comprennent pas eux mêmes... L'atout du film reste le fait qu'il ne prend parti à aucun moment, qu'il démontre la barbarie de chaque camp en appuyant sur l'aspect personnel de l'origine de chaque personnage. On y voit des militaires qui doutent, des Algériens perdus, des Français qui se transforment en machines etc... Bref, ce film est beau dans sa conception, profond dans le traitement des personnages, il ne résout rien, il n'est pas idéologiste, il n'y a pas de héros de guerre, il est juste, quelquefois intime, quelquefois impressionnant. On établit une grande sincérité et surtout on comprend la difficulté d'être un civil algérien à l'époque... A voir absolument. (17/10/2007)
Frederic, Pluguffan : "La guerre d'Algérie, ce n est pas du cinéma !!"
Enfin un film sur la "guerre d’Algérie, pour bien comprendre ce conflit tous les ingrédients y sont proposés; la torture, les massacres des 2 cotés, pourquoi le fln se battait contre nous et les appelés ? Que ce soit le lieutenant idéaliste du film ou les simples bidasses de Ménilmontant ou de Quimper se retrouvant à crapahuter dans la journée et à se saouler le soir, et attendant la quille ou la mort. Oui, vraiment allez voir "l’ennemi intime" formidablement bien joué par A. Dupontel et B.Magimel. Un grand moment de cinéma qui vaut bien les films sur le Vietnam. (13/10/2007)