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En fin de chasse, le sonneur rend les honneurs aux animaux morts. Une question de respect, explique le sonneur Jean-Paul Jouanne (à gauche). Il est aujourd'hui le représentant de sa région au sein de la fédération de trompe. Ce week-end, il s'est joint aux Échos du pays d'Auge pour la fête de la chasse organisée au château de Carrouges.
Gants blancs, veste rouge et bombe sur la tête, Jean-Paul souffle avec toute son énergie et tout son coeur. La force n'a rien à voir là-dedans. Les choses se passent plus bas, au niveau de la ceinture abdominale. Pour la note, le solfège ne suffit pas, tout est une question d'oreille musicale. « On a coutume de dire qu'on sonne comme on chante. Pour être un bon sonneur, il faut être un bon chanteur », estime Jean-Paul Jouanne. Lui compare son instrument à l'orgue. « L'orgue a un clavier, des tuyaux et un soufflet. Ici, le soufflet, c'est moi ; le tuyau, c'est ma trompe et le clavier, mes lèvres. »
Avant de donner du souffle, Jean-Paul donne du timbre. Sa voix est chaud et grave. « C'est moins fatiguant que souffler et c'est bien plus efficace. » On ne s'improvise pas sonneur, on le devient. A force de travail. Jean-Paul Jouanne considère qu'il faut dix ans d'apprentissage pour faire un bon sonneur. Celui qui sera capable de sonner avec prestige et solennité de mise les honneurs au gibier.
Stéphanie SÉJOURNÉ.
Elle explique la rentrée et ses objectifs.
Ouest-France