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Co-voiturage




Estelle Jonquet, professeur d'EPS au collège Saint-Exupéry et Julien Coudrais, à Louise-Michel. Nous sommes tous les deux professeurs d'EPS à Alençon. Nous avons passé le concours en 2003. Cette année-là, il y a eu 1 300 professeurs d'EPS recrutés en France. Il n'y en aura que 400 cette année. D'accord, il y aura des départs à la retraite mais la baisse est disproportionnée.
Quelles sont les conséquences pour vous ?
Quand un prof est malade ou blessé, il n'y a plus de remplaçant disponible. Mais surtout, les suppressions de postes ont des conséquences sur les mutations. Quand on obtient son concours, on est nommé un an dans la région où on a passé le concours. Après, on est obligatoirement muté. Quand on a un conjoint, on peut demander un rapprochement.
Comment l'obtenir ?
En deux phases. On choisit d'abord son académie puis on demande un département ou une ville. Pour bouger, il faut un nombre de points suffisants. En 2003, il fallait 233 points à un prof d'EPS pour être muté. En 2008, il lui en faut 675! Il y a deux ans, le ministre de l'Éducation nationale, Gilles de Robien, avait annoncé que 100 % des enseignants allaient retrouver leur conjoint. On en est loin.
Quelle est votre situation ?
Nous sommes tous les deux Bretons et nous souhaitons retourner en Bretagne où travaillent nos conjoints respectifs. Nous sommes loin d'être les seuls dans ce cas-là dans l'Orne. Beaucoup de profs bretons demandent l'académie limitrophe. En début de carrière, on accepte la situation en se disant que ça fait partie du jeu, on privilégie sa vie professionnelle. Mais au fur et à mesure que les années passent, on se pose des questions.
Comment faites-vous ?
Il faut assumer un double loyer. Depuis 4 ans, on rentre chaque week-end quand on ne fait pas deux allers et retours par semaine. Le carburant est très cher en ce moment. En 2003, il y a eu 3 152 mouvements de profs d'EPS en France. Il n'y en aura que 1 153 cette année. On se dit qu'on est sur une base de 7 à 8 ans avant de travailler dans le même lieu que notre conjoint. On n'en voit pas le bout.
Recueilli par
Arnaud TOUCHARD.