Que pensez-vous de la nouvelle salle « La Luciole » ?









Albert Grare, marchand primeur : « Nous sommes concurrencés par les grandes surfaces, il faut offrir du choix, c'est un bon marché et nous sommes solidaires entre nous ». Côté primeurs, Albert Grare et son équipe s'affairent toute la matinée. Depuis 8 ans, toujours autant charmé par ce lieu et sa convivialité, il vient du Bourg-Saint-Léonard, chaque dimanche : « la clientèle est agréable. Courteille, c'est un bon marché. »
Jacky Boullé, habitant du quartier depuis plus de 40 ans et fin gourmet, est un fidèle du marché : « Je prévois un budget de 30 € pour faire le marché. L'ambiance est sympathique, le contact humain facile, je recherche les produits naturels. Mon épouse fait les courses au supermarché, où l'accueil est plus impersonnel. »
Le rendez-vous est important aussi pour Michel Giard, le diffuseur de presse : « Le marché du dimanche amène une clientèle conséquente des environs. Il est facile de se garer dans le quartier, ce qui est bénéfique pour nous. C'est indispensable pour nous d'être ouvert le dimanche ».
Ah... le pouvoir d'achat
Le moral est moins bon au stand de Jean-Christophe Foucault, qui a repris l'affaire de son grand-père, et vend de la confection pour les jeunes. « Avant le passage à l'euro, c'était notre meilleur marché. Les passants nous disent que le porte-monnaie est vide. Le marché est plus populaire qu'à une époque, les Parisiens ne viennent plus. On change moins souvent de garde-robe. »
Agnès Roty, qui propose des objets d'artisanat et art déco depuis un an, en fait les frais aussi : « La clientèle dépense le minimum pour l'indispensable et les achats « coups de coeur » sont peu fréquents. » Sa tante, Odette Servais, retraitée, a vu le pouvoir d'achat baisser au fil des ans. « Comment une famille peut vivre décemment de nos jours. On se fait de temps en temps un petit plaisir, c'est tout. Aujourd'hui j'ai craqué pour une barquette de fraises ! » Un couple de la rue des Sainfoins, M. et Mme Etienne, se promène, mais n'achète pas : « Nous faisons un tour pour rencontrer des connaissances, pas forcément pour acheter. Par semaine nous essayons de ne pas dépenser plus de 80 € de nourriture et nous avons les légumes du jardin. »
En péril le marché de Courteille ? Non, pense le fromager. Depuis six mois, ses ventes baissent un peu, « mais les producteurs fermiers et locaux sont toujours appréciés. Même si les clients achètent un peu moins, ils privilégient la qualité et le contact. » Voilà les atouts de ce marché.