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Festival les Trois éléphants

Annie Braddock, une jeune baby-sitter venue du New Jersey, entre au service d'une famille aisée de Manhattan. Mais très vite, elle sent qu'elle doit se soumettre aux moindres exigences de la mère de famille.
Bigre. Voilà un générique qui vous donne des envies de retomber en enfance. Parce que se faire chouchouter par une nounou aux allures de Scarlett Johansson, ça n'est quand même pas donné à tous les mômes...
Nounou, elle le devient sur un quiproquo. Une pimbêche flanquée d'un môme insupportable l'aborde dans les allées de Central Park. La fille, une étudiante fraîchement débarquée, se présente: «Je suis Annie». Et l'autre n'écoute que ce qu'elle a envie d'entendre: «Ah, vous êtes «nanny» (nounou)? Ca tombe bien j'en cherche une...» Et dardare elle conclut l'affaire avant même que l'innocente ait eu le temps de réagir...
Et ça n'est pas un cadeau, le poste de nounou chez les X. Les parents sont insupportables: elle, genre bourgeoise radine, débordée, snob et égoïste entre autres vertus parmi les plus évidentes. Lui, mangé par son job, absent, indifférent, lunatique. Evidemment le gamin est à l'image de ses géniteurs, qui l'élèvent comme un surdoué gavé de bonnes manières éventuellement importées de France. Pour se faire à la langue de Molière, on commande des crêpes bretonnes au restaurant et on écoute du Gainsbourg en préparant des coquilles Saint Jacques. Mais peu à peu le môme Grayer va se laisser fondre par le charme et la candeur de cette préceptrice aux douces manières qui lui fait apprécier d'autres vertus dans l'existence.
On pourra être un peu perplexe en voyant les noms de Shari Springer Berman et Robert Pulcini au générique. Ce tandem de scénaristes-réalisateurs avait quand même fait plus original et créatif il y a cinq ans avec American splendor. Mais on retrouve pourtant un peu de leur verve satirique dans un tableau acide de la prétendument haute société bourgeoise new-yorkaise sûre de ses préjugés coincés, de sa bonne conscience et de sa richesse assumée. Au-delà des hommages évidents qui sont rendus à Mary Poppins ou à La mélodie du bonheur, la comédie voudrait prendre une tonalité d'aujourd'hui pour faire, dans une lourdeur qui grossit le trait, la chasse aux idées reçues fondées sur les apparences et l'égoïsme. Et vanter les bienfaits d'une éducation s'attachant d'abord au libre épanouissement personnel. Des considérations illustrées avec saveur par Laura Linney et Paul Giamatti, couple gentiment caricaturé face à la fraîche composition de Scarlett Johansson.
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