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« Mai 68 n'est pas né comme ça en France de rien du tout. Il faut se rappeler que la jeunesse contestait un peu partout : l'université de Colombia à New York était occupée pour protester contre la guerre du Vitenam. En Italie, il y avait eu des manifestations violentes à Rome dès octobre 1967. En Allemagne, le chef de file du mouvement SDS, des étudiants mobilisés contre la guerre du Vietnam a été abattu en avril 67. On est dans ce contexte. En France, ça démarre en mars dans les universités contre les problèmes de sélection. Juquin du Parti communiste est expulsé en avril, certains membres du mouvement Occident, d'extrême droite mettent le feu dans des locaux à la Sorbonne. Pour mai 68, je mettrais 3 phases : du 3 au 13, une révolte étudiante, pas condamnée par l'opinion publique. Du 14 au 24 mai, on passe à la contestation sociale avec les grèves et l'insurrection. Et du 25 au 30 mai, c'est une contestation politique jusqu'à la manifestation pro-De gaulle. Dans ces manifestations, il y avait la présence de casseurs issus de divers mouvements. C'était valable pour les grandes villes, ce qui explique qu'à Alençon, le mois ait été assez calme. D'ailleurs quand on regarde les élections de juin 68, les trois députés de l'Orne sont réélus avec encore plus de voix qu'en mars 1967. Les gens trouvaient les revendications légitimes mais ont refusé la violence et les débordements. »