Steve Savidan a déjà mis Caen dans sa poche
Steve Savidan a laissé son ex-coéquipier valenciennois David Sommeil à terre samedi à d'Ornano : « Savigol » est dans une forme olympique, pourvu que ça dure... : Jean-Yves Desfoux
Ligue 1. Un but, presque trois passes décisives en deux matches : l'ex goleador valenciennois a démarré sa saison sur des bases impressionnantes. Le public de d'Ornano l'adore déjà.
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C'est une drôle de scène. Tellement symbolique du personnage, et du joueur. Cela se passe peu avant la 70e minute de jeu samedi soir contre Valenciennes, à l'heure où la fatigue commence à vous saisir sérieusement les mollets. Un ballon perdu près de la surface nordiste. Et Steve Savidan vient produire un effort énorme sur le contre valenciennois. Il pique un long sprint côté droit, comme si sa vie en dépendait. Tacle tel un défenseur. Et récupère le ballon.
Clameur dans un stade d'Ornano déjà énamouré. « Steve Sa-vi-dan... » le refrain n'est pas encore aussi rôdé qu'à Nungesser, mais les Caennais y travaillent. « Savidan ? On sait qu'il court !, rigolait Franck Dumas après coup. Physiquement, c'est très costaud, on dirait parfois un gamin de 18 ans. Et puis il tente, il crée, c'est ce que je demande. Il est courageux, cela entraîne les autres... là, c'était un match particulier pour lui, il voulait flamber, la mission est réussie. »
Le public caennais a donc découvert en direct la « caisse » incroyable de ce joueur un peu hors normes, qui court sur tout ce qui bouge et appelle le ballon aux quatre coins du pré. « C'est un grand joueur, juge Benjamin Nivet. Ses déplacements nous offrent énormément de solutions de jeu au milieu de terrain. »
Avec Savigol, qui sent le jeu, marque et fait marquer, Caen semble encore être monté d'un cran question force offensive. Un bon « cachou » dans les filets de son pote Penneteau, qui devait pourtant s'y attendre. Bing. La petite « feinte du fantôme » pour ouvrir le chemin de la lucarne à Florentin. Re-bing. Et ce centre ciselé sur la tête d'Eluchans, après un appel tranchant côté gauche. Re-re-bing.
« Capitaine de la jambe gauche... »
Après l'offrande à Nivet du côté de Bordeaux, ça sonne juste. Mais samedi, Savidan restait stoïque face au bouquet de micros tendus : « Ma seule satisfaction, c'est d'avoir battu un adversaire direct pour le maintien. Tout n'a pas été parfait, mais je ne veux pas non plus parler au nom du coach. »
Steve Savidan est aussi déroutant sur le terrain qu'en dehors. Marqué à la culotte par les médias, il se livre peu sur les questions trop classiques, air lointain. Un peu plus tard, 100 % ironique quand on lui demande pour la énième fois s'il est content de son match : « Ouais, je me suis aimé, j'ai été énorme ! »
Façon de garder un peu de distance, en songeant peut-être aussi à ses coéquipiers, scotchés dans son ombre. « Si j'étais dans de bonnes conditions, c'est grâce à eux. » Le public qui déjà l'a adopté ? « Pour ça, il faut rester très prudent. »
Au coup de sifflet final, devant le kop de ses anciens supporteurs valenciennois, il avait crié au micro du speaker son amour pour Valenciennes. Une grande banderole à son effigie l'avait touché au coeur : « Par rapport à mes sentiments sur ces retrouvailles, je veux garder les choses pour moi, par respect aussi pour ce club. Certains trucs doivent rester dans le vestiaire, même si c'est vrai que j'ai pensé à plein de choses, à un ami qui a perdu son papa cette semaine par exemple... »
Partir, pour mieux marquer les esprits le jour des retrouvailles. « Steve, on le connaît, mais on lui a laissé la liberté de briller » disait son ex-coach Antoine Kombouaré. Monaco retiendra-t-il la leçon samedi ? Savidan poursuivra-t-il sur sa lancée, lui qui n'avait pas marqué un seul but loin de Nungesser la saison passée ? En attendant, Savigol est parti sur une dernière pirouette : on s'inquiétait de la présence d'un bandage sur son mollet samedi après le match, « Ah, c'est normal, je suis capitaine de la jambe gauche » répondit-il !
Guillaume LAINÉ.
Radio Malherbe. Stéphane Zubar a été victime d'une élongation samedi avec la réserve, au Red Star, et devrait être « out » pendant 15 jours. Grégory Leca, sorti dès la 16e minute, souffrirait de la même blessure : il y a peu de chance qu'il soit du voyage à Monaco, samedi (19 h). Gomis, lui, pourrait reprendre l'entraînement dès aujourd'hui. Deux séances sont prévues (9 h 30 et 16 h), après une journée de repos.
Ouest-France