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Co-voiturage




Benjamin, 7 ans, a déjà l'allure d'un champion sur l'eau. « Tu t'assois les genoux sous le menton, tu gardes toujours les bras tendus. Quand le bateau se lance, tu te laisses faire. Surtout, tu ne pousses pas sur les jambes sinon tu vas tomber en avant. Et quand tu le sens, tu te lèves. » En théorie, ça paraît simple.
Les skis sont aussi grands que moi. Je quitte le ponton et glisse mes petons. Eve démarre le bateau. La corde, ce sera pour plus tard. Premier essai avec une barre. Les fesses dans l'eau, je serre le grip et me laisse entraîner. Après une dernière pensée pour mes collègues et leurs entorses. « Vas-y, lève-toi ! », m'encourage Eve. Je me lance, aussi solide sur mes appuis qu'un poulain nouveau-né. Et là, miracle : je glisse sur l'eau.
Sur le ventre aussi je flotte
Après quelques mètres, Eve me fait signe de lâcher la barre. J'ouvre les mains et m'effondre. Eve me jette 18 m de tressée : « Tu as l'air à l'aise, on passe à la corde ! » A l'aise, elle a dit ? En flottaison sur le ventre, portée par mon gilet de sauvetage rembourré, les skis plantés dans l'eau, je force sur les abdos pour lever le menton.
Finie la rigolade. Il faut repasser sur le dos pour un nouveau lancer. Eve attend. Je me tords pour changer de position. J'y suis... mais mes longs skis, qui devraient être parallèles, sont croisés. J'ai dû louper une étape. Je repasse sur le ventre, donne un nouveau coup de rein. Idem. Pas mieux en tentant par l'autre côté. J'ai toute la meilleure volonté du monde... Mais pas la technique visiblement. Eve attend toujours : « Reste calme, tu vas y arriver. » Nouvel essai, nouvel échec. Le ridicule de la situation m'épuise. Grand moment de solitude. Je parviens enfin à mes fins. Je ne différencie plus les gouttes d'eau des gouttes de sueur, mais une chose est sûre : je perle.
Je lève le pouce, le bateau s'élance. Position 1, position 2, position 3. La corde est beaucoup plus souple que la barre ! Mais je m'en sors bien. Les sensations sont bonnes. La vitesse me grise. Ça y est, je suis la reine de la piste aqueuse.
La traversée suivante, confiante, je passe à l'attaque des vagues. Je m'éclate... le nez dans l'eau. J'ai déchaussé. Mon corps a claqué la surface du lac. Mais j'ai même pas mal. Eve m'offre un dernier tour d'honneur. Puis je regagne le ponton. Dix minutes sur l'eau m'ont rendue fourbue. Mais c'est sûr, je reviendrai.
Stéphanie SÉJOURNÉ.
Elle explique la rentrée et ses objectifs.
Ouest-France