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Septembre Musical de l'Orne
Daniel Plainview décide de s'installer avec son fils dans une petite ville de Californie pour investir dans le pétrole. Il fait rapidement fortune mais autour de lui, corruption et trahison mettent en péril sa réussite.
Au début était un désert. Etalé à perte de vue, dans le sable et la rocaille, sous le soleil perpétuel. La Californie, en ce début de 20e siècle, n'a encore rien d'un eldorado. Mais c'est déjà le champ d'expérimentation de quelques illuminés solitaires et entêtés dans leur quête visionnaire.
Daniel Plainview est de ceux-là. On le découvre avec sous un bras le gamin que lui a laissé sa femme morte en couches, sous l'autre les instruments dérisoires qui peuvent fouiller le sol. Il est engagé dans une lutte inégale contre la résistance de la nature, mais son obsession finit par avoir raison. L'or noir affleure, puis il jaillit. Sa fortune est faite, et c'est un autre homme qui la construit: il devient autoritaire, sauvage, méprisant. Mégalomane, il écrase tout de sa puissance nouvelle. Tout sauf ce prédicateur d'une église fanatique qui tente de l'embrigader dans la déraison de sa foi.
Grandeur et décadence. L'épopée d'un homme, l'aventure d'une industrie, les bouillonnements d'une nation. Inspirée d'un roman d'Upton Sinclair, cette équipée sauvage, intime et lyrique à la fois, offre à Paul Thomas Anderson les éléments d'une fresque impressionnante. On pourrait dire qu'il se situe entre l'approche fougueuse et documentaire d'un Michael Cimino et la vision métaphysique et onirique d'un Terence Malick. Mais il est surtout lui-même, le cinéaste révélé notamment par Boogie nights et par Magnolia. Un metteur en scène qui installe avec une maîtrise et une efficacité de tous les instants les multiples climats de contrastes dont il habille son récit. Grandeur et résistance des éléments naturels, face à la folie et aux manoeuvres des simples humains engagés dans une lutte inégale.
Une musique stridente et brûlante s'impose comme un personnage du récit, par son omni-présence dans la bagarre que se livrent les deux protagonistes empêtrés dans leur défi. Le jeune Paul Dano affiche déjà la carrure d'une vraie personnalité pour donner au prédicateur cette passion enflammée qui hypnotise et manipule une population dévouée à ses préceptes. Folie contre folie, il tient la morve haute face à l'imposant Daniel Day-Lewis totalement habité par sa composition du personnage de Plainview. Ce pionnier solitaire force longtemps l'admiration par son courage et son obstination. Avant qu'au fil des années la réussite ne le transforme matériellement, psychologiquement, physiquement. Il devient alors un instrument de violence misanthrope fermé à tout autre comportement que celui de la puissance et de la terreur. Impressionnant jusque dans la mort qu'il se destine, dans une dernière provocation.
Nina, Nantes : "Dure la réalité"
Un film réaliste, voire trop réaliste ; la nature humaine exposée sans concession. Mais bon, on n'apprend rien, juste que le mal et le bien n'existent pas ; superbement bien filmé, les acteurs qui y jouent sont impressionnants... (11/04/2008)
Didier, St Jean sur Mayenne : "Une pure Merveille"
Quel bonheur ce film..Assurément le meilleur et, de loin, de l'année.Daniel Day est peut-être le meilleur acteur au monde. Son jeu est exceptionnel et bluffant!!!
Vous découvrirez, également, un prête plus vrai que nature: menteur truqueur, manipulateur, vicelard pervers et dont l'appât du gain n'a aucune limite...Un vrai bonheur vous dis-je!!!!!!!!! (30/03/2008)
jOSSELIN JEAN-PIERRE, RENNES : "maudit pétrôle !"
J'ai beaucoup aimé ce film. Il est difficile à décripter cependant. On ne comprend pas bien le personnage au début. Paul Dano (déjà extra dans Miss Little Sunshine, et un autre film dont je ne me rappelle plus le titre) est génial. Il nous fait beaucoup rire, mais il devrait nous inquiéater aussi: Les précheurs américains font beaucoup de dégats. Tant que celui-ci s'attaque au héros (formidable) cela n'est pas très grave, la sc ène des gifles est jubilatoire, mais la fin (à ne pas réveler) est formidable ...
Que penser de la méchanceté du personnage ? Il se dévoile peu à peu, sa métamorphose vis à vis de son fils est stupéfiante. Finalement il n'aime personne, d'ailleurs il l'exprime !
Chef d'oeuvre ! quelle bonne idée cette fête du cinéma, la salle était pleine (120 spectateurs à 16 h 45) (19/03/2008)
Alain, Nantes : "Oil and blood"
Eh bien ce film ne m'a pas plu. Voir étalés, avec une certaine complaisance, pendant 2h30, les pires défauts de notre pauvre humanité, sans contrepoints positifs, ça ne m'a pas emballé. Et la musique non plus, je ne l'ai pas aimée. Je pense que j'aurais pu utiliser de manière beaucoup plus enrichissante les 150 mn que j'ai consacrées à ce film... (11/03/2008)
Clément, Rennes : "Oeuvre de cinéma"
Je ne savais trop quoi penser de ce film après la projection. Aujourd'hui que ça a mûri c'est certain, c'est une véritable oeuvre de cinéma qui nous est offerte ici.L'interprétation et la musique sont extraordinaires.Seul le montage souffre de quelques maladresses créant parfois certaines longueurs.La texture du pétrole est à l'image de la nature de Plainviw qui se révèle au fur et à mesure que le film avance:visqueuse,puante,nauséabonde,dangereux...La métaphore est superbe.A voir donc. (10/03/2008)