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Le centre de Perseigne bénéficie désormais de deux marchés hebdomadaires. Mais c'est surtout celui du mardi qui attire la foule. Un point positif pour les commerçants du quartier. « Le quartier est physiquement plus propre », constate Jennifer, qui réside à Perseigne depuis sa naissance, il y a 23 ans. Une remarque reprise par la plupart des badauds présents hier matin. « C'est vrai que c'est plus accueillant. Nous venons aussi plus souvent, car nous nous sentons en sécurité maintenant », ajoute Annette, arrivée en 1976.
La transformation de la zone commerciale a également rendu le centre de Perseigne plus attractif. Si l'ensemble des parcelles n'est pour le moment pas encore loué, les habitants apprécient de ne plus avoir à courir en centre-ville pour la moindre babiole. « Il y a plus de choses qu'avant. Aujourd'hui, nous avons tout ce dont nous avons besoin », explique Annette.
Plus attractif
« Le problème est que tout est fermé le midi, tempère Jennifer. Il faudrait une sandwicherie ou autre pour les gens qui n'ont pas le temps de cuisiner ». « Ça ressemble tout de même moins à des cabanes, et pour des personnes de mon âge, c'est plus pratique », conclut une octogénaire.
Chez les commerçants, le discours est un peu plus modéré. « On a décollé à partir du 1er janvier seulement. Peut-être que les gens ont eu besoin de temps pour découvrir le centre, explique Paul Darchy au bar-tabac. Mais on est tout de même encore très loin du commerce de 1991, date à laquelle nous nous sommes installés. Il faut dire que la réglementation et la mauvaise santé de la presse n'ont pas aidé. »
Le marché est aujourd'hui trois fois plus important, mais les itinérants réunis hier matin n'affichaient pas une mine réjouie. « Il y a plus de clients mais beaucoup viennent simplement se balader », confie Abdel, vendeurs de vêtements. L'ancienne coiffeuse à domicile, Rujikorn Houdayer, a même réussi à faire venir ses anciens clients casaniers dans son nouveau salon de coiffure.
Pour Christine Vaugeois, la boulangère, le commerce se porte tout de même mieux. « Il y a aujourd'hui un vrai respect de la zone commerciale », confirme-t-elle. « On assiste à un changement de comportement de l'ensemble du quartier, confirme Paul Darchy. Les gens sont satisfaits de la tournure que ça prend. Et ceux qui reviennent sont très étonnés ».
Pourtant, les commerçants en sont conscients, la réhabilitation du quartier dans le coeur des Alençonnais prendra du temps.
Emilie BAR.