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L'Orne plante son premier radar pédagogique... |
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Un radar automatique sera mis en place à partir de septembre, à proximité du nouveau radar pédagogique, à Saint-Maurice-lès-Charencey.
Il a été installé, hier, sur la RN12, à Saint-Maurice-lès-Charencey, dans l'est du département. D'ici décembre, 15 à 20 autres devraient être installés dans l'Orne. Dans le Calvados et la Manche, le calendrier n'est pas fixé.
Résident à Saint-Maurice-lès-Charencey (578 habitants) et riverain de la RN12 qui relie Alençon à Verneuil-sur-Avre, René Bourgouin est aux premières loges. Il voit défiler chaque jour quelque 8 000 véhicules, dont 20 % de camions. « Certains déboulent à 80 km/h, au lieu des 50 autorisés, ou doublent sans respecter la ligne blanche », explique ce retraité.
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Liliane Ribault, une autre riveraine, tempête également contre les conducteurs qui « oublient » de lever le pied. « L'épicerie est de l'autre côté de la route. Mais quand on veut traverser, personne ne freine. J'ai failli me faire renverser plusieurs fois ! »
Un constat qui a incité la municipalité à réagir. Voici plus d'un an, elle a sollicité les services de l'État pour obtenir un radar. Son voeu a été en partie exaucé hier : le tout premier radar pédagogique dans l'Orne a été posé à l'entrée du bourg. Braqué sur les véhicules roulant vers Alençon, il sera complété à partir de début septembre par un autre radar - automatique celui-là - à 100 m en amont du premier, à hauteur de l'ancienne gendarmerie.
Excès de vitesse fréquents
« Nous allons récupérer celui du Ménil-Broût », précise Jean-Claude Juszezak, premier adjoint. « Pour l'heure, nous n'avons jamais eu de blessé sur cette voie. On touche du bois ! Cet hiver, nous avons fait des tests en mesurant la vitesse aux entrées du bourg. Elle atteignait 57 km/h en moyenne. C'est trop », affirme l'élu.
Cette installation intervient dans le cadre du dispositif lancé par le ministère de l'Intérieur, prévoyant la pose de 2 200 radars pédagogiques dans le pays d'ici la fin 2011, et de 4 000 d'ici la fin 2012. Des mises en place financées par les amendes des contrevenants. Dans l'Orne, où huit personnes sont mortes sur les routes entre le 1er janvier et fin mai, 15 à 20 appareils devraient être implantés, notamment en lieu et place des panneaux signalant les contrôles automatisés.
Dans le bourg de Saint-Maurice-lès-Charencey, l'appareil réjouit autant qu'il laisse dubitatif. « Les gens freinent avant ce genre d'engin et accélèrent après. C'est absurde », estime Sébastien Lourenço, garagiste. Fanny Hardy, patronne d'un bar en bordure de la nationale, estime que « les enfants seront plus en sécurité, en traversant la route ».
Élisabeth PETIT.
Ouest-France