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L'ancien père abbé de la Trappe est décédé... |
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Dom Marie-Gérard Dubois avec, à gauche, dom Guerric Reitz-Sejotte devant des photos de Tibhirine.
Supérieur durant vingt-sept ans et proche des moines de Tibhirine, dom Marie-Gérard Dubois est mort, samedi, à l'âge de 82 ans. Ses obsèques seront célébrées mardi.
Nécrologie
« La sainteté est de commencer », a écrit dom Marie-Gérard Dubois dans son dernier livre, La joie en Dieu, publié en 2010. Tous ceux qui l'ont rencontré se souviendront à vie de son sourire légèrement malicieux mais surtout tellement chaleureux et proche de chacun. Dom Marie-Gérard Dubois est mort samedi, dans sa 82e année, la 62e de sa profession monastique et la 54e de son sacerdoce.
Né à Lille en 1929 dans une famille de sept enfants, Marie-Gérard Dubois est entré à l'abbaye du Mont des Cats en 1949. Supérieur ad nutum de la Trappe en 1976, il en a été l'abbé de 1977 à 2003. Il a été responsable à divers titres de plusieurs abbayes cisterciennes en France et à Rome.
Dom Marie-Gérard Dubois a été de nombreuses années délégué à l'assemblée des évêques de Lourdes. Il a présidé la commission de liturgie des réformes de l'ordre cistercien à la suite du concile Vatican II. Le cardinal Lustiger l'avait choisi comme délégué auprès des communautés nouvelles à vocation monastique.
« Tu peux venir »
Il avait souhaité, entre autres, que l'abbaye s'ouvre davantage aux fidèles. Très à leur écoute, il affirmait, dans ses écrits, que « le moine [...] vit au coeur de la cité et du monde tout en étant dans le désert. Il n'est pas étranger aux hommes, il vit souvent comme eux, mais il sait que son visage, sans se détourner de la terre, doit être tourné vers le ciel ».
Dom Marie-Gérard Dubois avait été interviewé par Bernard Pivot lors de la sortie de son livre Le Bonheur en Dieu en 1995. A la question « Qu'aimeriez-vous entendre Dieu vous dire aux portes du paradis ? », il avait répondu : « Tu peux venir. Je prends soin de ceux dont tu t'es occupé ».
Il avait été très proche des moines de Tibhirine. Lors de la sortie du film Des hommes et des dieux, il avait fait le récit de ses nombreux séjours dans l'Atlas à partir de 1951. « J'ai rencontré tout le monde, sauf le frère Paul arrivé peu après. Le climat était déjà tendu. Je n'avais pas emmené mon appareil photo pour ne pas passer pour un espion ».
Redevenu à Soligny simple moine après l'arrivée de dom Guerric Reitz-Sejotte, dom Marie-Gérard Dubois poursuivait son « chemin de prière et de détachement ». À l'instar du frère Jean-Baptiste, qu'il évoque dans les premières pages de son livre publié en 1995, il est sans doute parti « à petits pas. Il est allé jusqu'au bout du voyage, si loin avec tant de tranquillité et de confiance qu'il ne s'est pas retourné pour obtenir notre aide à la dernière minute ou nous faire signe ».
Ses funérailles seront célébrées à la Trappe de Soligny, mardi 5 juillet à 15 h.