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Le commissaire-priseur Patrice Biget décoré... |
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Patrice Biget présente une pendule aux attributs de pêche et de chasse, signée Manufrance, qui sera vendue dimanche prochain.
Ce vendredi, le commissaire-priseur d'Alençon (ils sont trois dans l'Orne) est fait chevalierdans l'Ordre des arts et des lettres. Une reconnaissance pour sa profession.
Portrait
Dès l'âge de 13 ans, Patrice Biget décide de devenir commissaire-priseur. Rapidement, il travaille chaque week-end à l'hôtel des ventes de Nogent, puis à celui de Vendôme. « J'aime ce métier avec passion, dit-il. J'ai l'impression de ne jamais faire la même chose. C'est comme une drogue. On rencontre des gens tellement différents ! Et à chaque inventaire, on attend toujours la pièce rare... »
Des pièces rares, il en a pourtant connu quelques-unes. « Dans un rebut, j'ai trouvé un dessin original de Jacques de Gheyne : une grenouille vendue au musée Paul Guetty de Los Angeles pour la somme de 100 000 € ! J'ai toujours fait en sorte de favoriser les musées. » Il fait également allusion à la connivence qu'il a longtemps cultivée avec Aude Pessey Lux, autrefois conservateur du musée de la dentelle d'Alençon.
Les jours de ventes, Patrice Biget offre à lui seul un spectacle savoureux. Roi de la rhétorique anecdotique, avec lui, tout devient aventure. Tantôt assis, gesticulant sur son siège, tantôt debout, le marteau d'ivoire à la main, vêtu de son incontournable veste d'origine autrichienne, cet homme fluet, aux allures d'ado, régale le public avec l'aisance de celui qui s'ingénie à cultiver le bonheur. « C'est vrai. Je suis assez gâté par la vie... » Il sait être drôle. Toujours avec classe.
Un Percheron militant
Né à Nogent-le-Rotrou en 1962 d'une famille modeste, Patrice Biget est un militant défenseur du Perche : « J'ai même passé mon bac français en patois percheron, avec une note de 16 sur 20. J'allais à l'école en sabots de bois et blouse percheronne afin de revendiquer mes origines. Très vite, j'ai eu une véritable passion pour les chevaux percherons. »
Puis c'est le service militaire à Châteaudun. « Là, dit-il, j'étais déjà président du syndicat des éleveurs percherons d'Eure-et-Loir. » Aujourd'hui propriétaire et éleveur, Patrice Biget cultive sa passion chevaline et chevaleresque. En effet, avec femme et enfants, il participe également aux rencontres d'attelage où il s'impose en juge dans les concours.
Aujourd'hui président de la chambre des commissaires-priseurs de Haute et Basse-Normandie, Patrice Biget s'est associé à Frédéric Nowakowski : « Un complice précieux que j'apprécie chaque jour pour sa gentillesse et sa compétence. » Frédéric s'est spécialisé en vins, Patrice en art sacré.
Sur ce thème, il organise une à deux ventes de prestige par an : « Les objets liturgiques ne doivent pas être vendus n'importe comment. J'ai d'ailleurs un grand respect pour les brocanteurs et les antiquaires car ils connaissent très bien les objets. Et dans ce métier, dit-il, il faut avoir autant de respect pour celui qui achète un frigo que pour celui qui monte vertigineusement les enchères sur un objet d'exception. »
Ce vendredi, à l'hôtel des ventes d'Alençon, Bertrand Maréchaux, préfet de l'Orne, remettra à Me Biget la médaille de chevalier des arts et des lettres.