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Les haies ont produit 2 000 tonnes de combustible... |
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Les petits réseaux de chauffage collectif s'adaptent très bien à l'utilisation du bois déchiqueté. Bois Bocage Énergie cherche à développer le procédé au niveau régional.
Bois Bocage Énergie a cinq ans. Et a su transformer les haies en un vrai filon. Un souci écologique « boosté » par une flambée des prix du pétrole.
Au départ, cela aurait pu passer pour une utopie écologiste : broyer du bois de haies pour chauffer des collectivités. Mais la flambée des prix du pétrole amène de plus en plus de clients vers le choix du chauffage bois. Et notamment vers le bois déchiqueté : ainsi l'on peut produire localement son énergie, gérer l'entretien du bocage et disposer d'une ressource quasi inépuisable grâce à une bonne gestion des haies.
Le bilan de cinq années d'exercice pour la SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif) Bois Bocage Énergie le prouve. La société, implantée à Chanu, en est à sa cinquième année d'activité. Son chiffre d'affaires s'élève à 253 827 €, et près de deux mille tonnes de plaquettes de bois sec ont été livrées, dont 86 % à des collectivités. La maison de retraite de Chanu est le plus gros consommateur avec 287 tonnes sur l'année, suivie par la communauté de communes d'Athis avec ses 3 chaudières qui ont consommé 279 tonnes de plaquettes.
Bonne gestion des haies
Le développement se poursuit : « Nous avons par exemple en projet l'installation d'un module de chauffage au bois déchiqueté pour alimenter en énergie l'école et la salle des fêtes d'Aube », explique le président de la SCIC, Gilles Delaunay. N'imaginez pas pour autant que cette exploitation des haies condamne le département à voir disparaître les haies. Il faut montrer « patte blanche » ! « Nous travaillons au maintien des haies et à la valorisation du bois issu de ces haies en une énergie renouvelable, le bois déchiqueté. Les plans de gestion des haies doivent s'accompagner d'une certification au niveau national ».
Le bois arrive à la SCIC encore vert, et va perdre du poids et du volume en séchant : entre l'arrivée du bois vert en plate-forme, et son arrivée en sec dans les chaudières, il y a une perte de poids de 25 % due à la perte d'humidité en 6 mois de stockage. Le taux d'humidité du bois vert acheté est de 45 %, celui du bois sec vendu est de 21 %, donc pour 100 tonnes au départ, nous n'avons plus que 65 tonnes à l'arrivée.
Intérêt collectif
Particularité de la SCIC Bois, bocage, énergie : il ne s'agit pas de faire des bénéfices. Les prix sont ajustés en fonction des dépenses de fonctionnement, l'objectif étant de valoriser économiquement le bois de haies en rémunérant le travail réalisé par les producteurs de plaquettes bocagères. Elle répond à un intérêt collectif, comme l'accompagnement des chaufferies. « Nous cherchons à faire reconnaître au niveau régional l'intérêt de mettre en oeuvre des petits réseaux de chaleur, et des chaufferies collectives au bois », explique Gilles Delaunay.
La SCIC SARL Bois Bocage Énergie (B²É) a été créée dans l'Orne pour organiser les filières locales d'approvisionnement en bois déchiqueté d'origine bocagère (achat vente de bois déchiqueté et gestion des plateformes). La société fonctionne localement par antennes qui correspondent à dix secteurs géographiques, Chanu, Athis, Putanges, Champsecret, Ceaucé, Carrouges, Sillé, Pays d'Ouche, Perche, et Loir-et-Cher.
Contact : SCIC Bois Bocage Énergie, mairie, place de l'Église, 61 800 Chanu.