Les taupes mettent à mal les routes ornaises2 |
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Des panneaux comme celui-ci vont prochainement fleurir sur le bord des routes ornaises.
Le réseau routier ornais a souffert cet hiver. Les épisodes neigeux ont malmené les chaussées, et avec l’arrivée du printemps s’avance une nouvelle menace : les taupes de macadam.
D’année en année, elles remontent du sud de la France et étendent leur territoire. Elles arrivent ce printemps dans la Sarthe et l’Orne. Elles ? Ce sont les taupes de macadam, ou talpa macadamia. Originaire d’Amérique du Sud, cette variété de taupe s’est invitée en Espagne dans les années 70 et gagne depuis toute l’Europe de l’Ouest.
Plus grande que sa cousine la taupe commune, elle a la particularité de suivre le tracé des routes. Dotée d’une mauvaise vue, la vibration des véhicules lui sert de guide et la rassure, d’après les spécialistes. Le problème, c’est que ses griffes puissantes – qui peuvent atteindre 10 cm ! – percent le bitume et forment des bosses sur les routes.
70 trous sur 2 km
Ainsi, le 25 mars dernier, entre Bellême et Mortagne-au-Perche, la départementale 938 a été fortement abîmée. En une journée, plus de 70 trous de taupes ont été recensés sur une portion de 2 km. Deux jours plus tard, c’était au tour de la D 958 entre Mortrée et Sées d’être victime des taupes : une centaine de taupinières sur 3 kilomètres.
Pour Mathieu Gruèle, spécialiste français des taupes, « les chaussées fragilisées par les gels successifs sont une aubaine pour ces taupes, qui peuvent ainsi plus facilement remonter à la surface. Elles risquent donc de s’installer durablement dans le département ». Il n’y a d’ailleurs pas de méthode infaillible pour se débarrasser d’elles.
Une prévention coûteuse
Pour les automobilistes, les taupinières ne constituent pas grand chose de plus qu’un inconfort. Les risques de perte d’adhérence existent dans les virages, mais sont relativement limités. Par contre, pour les cycles, les trous et bosses formés par les taupes de macadam peuvent être un vrai danger. Des panneaux « Attention, taupes ! » devraient être prochainement installés sur le bord des routes à risques.
Entre les réparations des chaussées endommagées et l’installation des panneaux, l’arrivée des taupes de macadam pourrait coûter par an plusieurs centaines de milliers d’euros. Le département envisage de demander une aide européenne pour faire face à ces dépenses. Une subvention exceptionnelle de même nature avait permis à l’Orne de faire face à l’invasion de poissons buveurs d’eau en avril 2005.
++ Il s'agit bien évidemment d'un poisson d'avril !