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Plus de 300 producteurs exigent un prix décent du lait... |
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La manifestation s'est achevée avec le déversement de la citerne de lait sur les grilles de la préfecture.
Dès 5 h du matin, les agriculteurs se sont rassemblés devant les grillesde la préfecture à Alençon. 2 h 30 de mobilisation.
5 h 45. Ils sont à présent 300, bien tassés. L'ambiance est toujours aussi calme. Un tracteur avec une citerne déchire le rassemblement. Olivier Borel, président de la FDSEA de l'Orne et Stéphane Davy, responsable des Jeunes agriculteurs, prennent tour à tour la parole. Le discours se résume en une seule phrase : « La baisse de 30 % du prix du lait est incompréhensible, inadmissible, insupportable. »
6 h 15. À l'issue des discours, les responsables syndicaux invitent à faire du bruit pour réveiller le préfet. Cela fait déjà longtemps que les fenêtres de la préfecture sont allumées mais les manifestants y vont : à coût de bidons, de casseroles, de cors, les agriculteurs se font entendre. Certains ont emmené des oeufs, de la farine qui sont balancés dans la cour de la préfecture. Les policiers qui assurent la protection du bâtiment se mettent à l'abri. L'ambiance reste bon enfant, sans violence. Une rencontre entre les manifestants et le préfet se prépare. Olivier Borel souhaite faire venir le préfet.
6 h 30. Cafés, chocolats et gâteaux sont distribués. Dans les rangs, le silence est revenu. On tourne la question dans tous les sens mais à ce prix-là, les producteurs ne voient pas d'avenir à leur métier. Certains venus avec un cercueil entament un cortège funèbre pour marquer la mort de la ferme France. Le préfet annonce qu'il va venir rencontrer les manifestants, le cortège s'interrompt.
6 h 45. Michel Lafon, préfet, sort de la préfecture et vient rencontrer les agriculteurs. Les leaders syndicaux ont prévenu leurs troupes avant : « S'il vient nous voir, on n'acceptera pas de mauvais gestes, insiste Olivier Borel. On a toujours travaillé dans le respect et ça doit continuer. » Après avoir (ré) entendu les revendications des producteurs de lait, Michel Lafon s'adresse aux agriculteurs. « J'ai fait un appel pour qu'ils reviennent à une attitude responsable. Je transmettrai fidèlement au ministre vos demandes. Mon père était marin et je sais aussi ce qu'est la vie d'un agriculteur », conclut le préfet. Un geste et des paroles qui suscitent quelques applaudissements dans l'assemblée. « Mais si rien ne bouge, on recommencera », préviennent quand même certains.
7 h 15. Le jour s'est complètement levé, la citerne est remplie de lait. « Je débute dans le métier », explique le producteur qui a collecté chez ses collègues. Certains ne sont plus collectés depuis une semaine. « Les entreprises choisissent les fermes dans le but de nous opposer les uns aux autres. C'est un piège dans lequel il ne faut pas tomber », prévient encore Olivier Borel qui appelle tous les manifestants à faire pression près des parlementaires. La manifestation touche à sa fin, le lait est déversé sur les grilles de la préfecture. La manifestation se disperse sans heurts. Pas d'autres mouvements dans la journée hormis le blocage de 4 camions à Passais-la-Conception.