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Un nouveau risque de casse dans le social... |
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Les salariés redoutent le pire.
L'Association ornaise pour le logement temporaire des jeunes (AOLTJ) pourrait disparaître. L'état se désengage à hauteur de 75 000 €.
Il ne passe pas une journée dans l'Orne en ce moment sans que l'on ne découvre une menace dans le secteur social, en complet chambardement pour des raisons financières. L'Association ornaise pour le logement temporaire des jeunes (AOLTJ) est menacée à son tour. Il n'y a pas si longtemps, cette association de huit salariés envisageait de fusionner avec la Sauvegarde de l'enfance. Il en est aujourd'hui tout autrement. Elle vient d'apprendre que l'État se désengageait à hauteur de 75 000 €, sur un budget de 630 000 €.
Créée en 1993, l'AOLTJ s'occupe des jeunes de 18 à 25 ans, en rupture familiale et sociale. L'association peut leur prêter un logement, leur en sous-louer un, ou encore leur en proposer un en colocation. Elle dispose de 64 logements répartis un peu partout dans le département.
L'année dernière, 110 jeunes ont eu recours aux services de l'AOLTJ, orientés par les missions locales, les services de tutelle, l'Aide sociale à l'enfance ou la Protection judiciaire de la jeunesse. Le service ne se limite pas au logement. Il comprend un accompagnement. Du sur-mesure adapté à la personnalité de chacun. « On voit les jeunes une fois par semaine », indique une assistante de service social.
Demande de sauvegarde
Privée d'une partie de son financement, l'association n'a plus d'autre solution que de suivre le conseil du préfet. Dès lundi, elle va déposer un dossier de demande de sauvegarde auprès du tribunal de grande instance d'Alençon. Il y aura deux solutions : la restructuration ou le dépôt de bilan. « On a tous en tête ce qui arrive à La Clarté », confient les salariés. Ce centre d'hébergement et de réinsertion d'Alençon fermera en juillet (O.-F. de jeudi).
« C'est du gâchis social », se désespère François Cailly, le chef de service, éducateur spécialisé. Depuis plusieurs années déjà, les salariés sentaient que le budget était de plus en plus difficile à boucler. Comment poursuivre sans l'aide de l'État ? Ils manifesteront lundi à Alençon. Un nouveau rassemblement est prévu à 11 h, devant la préfecture.