Maïté Vanmarque (au premier plan), conservatrice de la médiathèque, a travaillé avec Aude Pessey-Lux (derrière), la conservatrice du musée des Beaux-Arts. « Ce sera une vraie exposition : on ne se contente pas de montrer, on explique. C'est le rôle d'un musée. » Le regard pétillant, la conservatrice Aude Pessey-Lux est plus que jamais à son affaire dans le musée des Beaux-arts et de la dentelle. La grande exposition d'été, consacrée au Cambodge, offre un regard exceptionnellement bien documenté sur le pays.
Point de départ, le travail colossal d'Adhémard Leclère. Cet Alençonnais né en 1853 a passé 25 ans au Cambodge comme administrateur. Mais, loin des clichés coloniaux, il a posé sur le pays et ses habitants un regard d'ethnologue. Il a appris la langue khmère et s'est toujours interdit de juger ce qu'il voyait. « Il s'est passionné pour le Cambodge, raconte Aude Pessey-Lux. Et je crois aussi qu'il a éprouvé beaucoup d'admiration. »
17 000 feuillets
Adhémard Leclère prend de nombreuses photos, fait rare encore au début du XXe siècle ; il commande des aquarelles, achète des objets de la vie quotidienne. Et, sur l'ensemble, il rédige des notes. L'historien Gregory Mikaelian a épluché, cet hiver à la médiathèque, 17 000 feuillets conservés à Alençon. Un fabuleux trésor scientifique pour les chercheurs.
Le musée expose, pour l'occasion, toutes ses collections cambodgiennes : certaines sont visibles en permanence, d'autres ont été sorties des réserves. Tous les objets sont assortis des minutieuses explications de l'administrateur colonial.
« Il est allé très loin dans la connaissance du pays, poursuit la conservatrice. Il a manifestement assisté à des cérémonies auxquelles jamais un Occidental n'avait été invité. » En témoignent par exemple les pièces exposées parallèlement, à la médiathèque, sur le thème du sacré et le roi Norodom. Des cadeaux honorifiques, car aucun des objets visibles à Alençon ne provient d'un pillage. Pour les éléments sacrés ou précieux, Adhémard Leclère avait fait faire des moulages.
Le fonds alençonnais, sans compter les manuscrits, s'élève à plus de 800 objets : ce qui explique, pour cette grande exposition d'été, la première collaboration entre la médiathèque et le musée des Beaux-Arts. Les visiteurs passeront par l'église des jésuites avant d'aller au musée.
Du samedi 13 juin au dimanche 15 novembre, musée des Beaux-Arts et de la Dentelle, cour carrée de la Dentelle à Alençon. Tous les jours sauf le lundi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Ouvert sept jours sur sept du 13 juillet au 20 septembre, de 10 h à 18 h. Entrée 3,60 €, tarif réduit 3,05 €. Gratuit jusqu'à 18 ans et le premier dimanche de chaque mois.
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