Philipp Geissler est psychiatre et médecin-chef au Centre psychothérapique de l'Orne. C'est un projet impliquant des équipes psychiatriques travaillant dans le service public en Basse-Normandie. Il est orchestré par le Dr Françoise Chastang, du CHU de Caen. Elle est engagée dans le travail thérapeutique auprès des personnes qui tentent de mettre fin à leurs jours. L'idée est d'évaluer l'incidence de l'entourage personnel et soignant sur la récidive ¯ ou non ¯ de la tentative de suicide.
Comment ça se passe ?
Ce programme s'adresse aux 13-35 ans. Quand une personne fait une tentative de suicide, elle est généralement admise aux urgences de l'hôpital. Ici à Alençon des infirmières psychiatriques sont présentes 24 heures sur 24. Un psychiatre passe en plus régulièrement. Quand le patient est d'accord, on lui propose de remplir un questionnaire. On en propose également un à ses proches (parents, conjoint), ainsi qu'aux soignants concernés.
Et ensuite ?
Le dossier est envoyé à Caen où une psychologue centralise les réponses. Elle rappelle le patient 3 mois, 6 mois, 12 mois, 18 mois après pour évaluer avec lui, par téléphone, la suite des événements. Indépendamment du travail de recherche, cette démarche a le mérite, même si elle n'est pas une thérapie au sens strict, de constituer une sorte de filet de sécurité pour la personne suicidaire. Bien sûr elle ne remplace pas le suivi des personnes concernées, sur place, à Alençon et ailleurs.
Où en êtes-vous à Alençon ?
Les premiers questionnaires ont été distribués à la fin de l'année. L'étude concerne, au Centre psychothérapique de l'Orne, le secteur Alençon-Bellême (pour les adultes) et l'intersecteur Est (en pédopsychiatrie). Elle doit durer trois ans.
Pourquoi s'intéresser aux jeunes ?
Classiquement on dit que le nombre de suicides augmente avec l'âge, tandis que les jeunes feraient beaucoup plus de tentatives. Cela reste vrai. Cependant, entre 1970 et aujourd'hui, c'est la mort volontaire des adolescents qui à plus que doublé dans tous les pays dits « civilisés », même si les adultes continuent à se tuer comme avant.
En quoi l'hospitalisation est importante ?
Certains disent que la tentative de suicide est plus un appel à vivre qu'un désir de mort. Ce n'est ni tout à fait faux ni tout à fait vrai. À un moment, l'envie de mourir a pris le dessus sur l'envie de vivre, et quand on commence à jouer avec la mort, le risque est qu'un jour elle nous emporte. C'est essentiel de ne pas repartir aussitôt après avoir été admis à l'hôpital. La personne ne doit pas avoir crié pour rien, il faut donner du sens à son acte, et trouver des réponses.
Parler du suicide, est-ce toujours difficile ?
Le suicide est un thème tabou dans notre société, encore plus que la mort « naturelle », puisqu'il nous rappelle notre propre tendance autodestructrice. Le suicide est d'abord un fait biologique. En effet nous avons tous en nous, plus ou moins fort, l'envie de vivre et l'envie de mourir. Certaines maladies psychiques comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires augmentent notre fragilité et donc le risque suicidaire, surtout si elles ne sont pas ou mal soignées.
Peut-il y avoir d'autres causes ?
Il s'agit aussi d'un phénomène lié à l'histoire personnelle et familiale de chacun. Améliorer les relations avec soi-même et l'entourage paraît donc essentiel pour s'éloigner du spectre suicidaire. Enfin, le suicide a également des causes sociales. Nous vivons dans un monde en train de s'autodétruire, sans vouloir en prendre conscience. Nous fabriquons du désespoir, et gardons les yeux rivés sur les taux de croissance économique, plutôt que de nous intéresser de près à la croissance inquiétante du suicide chez nos enfants. Ceci dit, « traiter » ce problème dépasse le rôle du médecin. Il nous concerne tous, en tant que citoyens.
Recueilli par
Arnaud TOUCHARD.

Pour commencer, j'ai rarement rencontré un patron aussi sympa et commerçant... ils se font rares...

apres plusieurs visite je trouve que ce resto est bon le cadre agreable le personnel bien la facture...

Autant le premier volet joue sur l'humour de la rencontre avec des véhicules...

Vraiment aucun intérêt, le scénario ? Rien, L'histoire ? Affligeante, espèce...
Alençon, ville sale ?
Le stationnement va changer en septembre, qu'en pensez-vous ?
