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Alençon vu du haut des tours du château des Ducs d’Alençon... |
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La terrasse du château des Ducs offre une perspective unique sur le centre-ville. © Ouest-France
Forteresse, puis prison, le château d’Alençon est aujourd’hui une coquille vide sans affectation. Pourtant, du sommet de ses tours, il offre à quelques privilégiés un point de vue unique sur la ville.
Interdit d’accès au public, le château d’Alençon offre pourtant une vue insolite sur la préfecture de l’Orne. Désaffecté depuis 2010 et la fermeture de la prison qui y avait été installée en 1804, l’édifice n’est en fait que l’entrée de l’ancienne forteresse médiévale, détruite à la fin du XVIe siècle.
Comble pour une ancienne prison, il suffit aujourd’hui d’une seule clef pour accéder au sommet du monument historique. Une fois le portail franchi, l’épaisseur des murs et les escaliers en pierre rappellent l’histoire médiévale de l’édifice. Les grilles, les comptoirs en formica des années 80 et les portes à œilleton ne dégagent qu’une ambiance carcérale.
En gravissant les marches de l’escalier central, on découvre des étages condamnés. Plafonds et planchers s’y effondrent régulièrement. Arrivé au dernier niveau, c’est la délivrance. En sortant par la petite porte encastrée dans la toiture, on accède à une terrasse d’une centaine de mètres carrés, cerclée de créneaux et de mâchicoulis.

180 degrés sur Alençon
Le surplomb, adossé au toit de l’édifice, n’offre qu’une vue à 180 degrés. Mais quelle vue. Au premier plan au nord-est, la halle au Blé, le monument emblématique d’Alençon, dévoile sa voûte de verre et d’acier dont les plans auraient été dessinés par Eiffel.

Juste à gauche du bâtiment, un curieux toit se dresse. En forme de coque de bateau retournée, surmontée par un clocheton, c’est celui de la médiathèque Aveline, une ancienne chapelle jésuite du XVIIe siècle.

En balayant vers l’est, entre deux créneaux, l’autre star de la ville apparaît : la basilique Notre-Dame. D’ici, les toits du vieil Alençon masquent partiellement le portail et les contreforts de l’église. Mais le massif clocher du XVIIIe s en impose d’autant plus qu’il se détache des hauteurs boisées du massif de Perseigne.

Toujours pas de destinée
Au sud, l’église Saint-Pierre d’Alençon marque l’ancienne commune de Montsort, aujourd’hui intégrée à la ville. En baissant les yeux, les anciennes cours de promenade sont occupées par des ouvriers en train de faire tomber les murs. La mairie a décidé de faire de cet ancien espace clos un parc ouvert sur la ville. Le château, lui, n’a toujours pas trouvé de destinée. Son point de vue exclusif restera le privilège de quelques employés municipaux en charge de l’entretien des tours.
