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Alençon. À Montsort, Au Petit jardinier souffle ses 60 bougies... |
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De gauche à droite : Audrey et Océane, salariées, Hubert Renaudin, Colette et Vincent Lochon. Au petit jardinier fête ses 60 ans cette année. © Delphine Le Normand
En août 1957, Colette et Eugène Lochon créent l’enseigne qui héberge à l’époque une graineterie, dans le quartier de Montsort, à Alençon. Soixante ans plus tard, les locaux abritent un fleuriste et portent toujours le même nom.
Quand il entre à nouveau dans la boutique, il se souvient de l’odeur qui y régnait quand il était enfant et qu’il jouait dans les allées. Vincent Lochon a 47 ans et il a passé les quatre premières années de sa vie au 70, rue du Mans, dans le quartier de Montsort. Ses parents, Colette et Eugène, étaient les propriétaires de la graineterie du quartier, baptisée dès son ouverture Au petit jardinier. « On est arrivé ici en août 1957 », se souvient Colette. Elle-même fille de grainetiers, elle décide avec son époux Eugène de monter une affaire.
Des commerces partout
À l’époque, le quartier compte de nombreux commerces. « Tous les rez-de-chaussée étaient des surfaces commerciales. Il y avait quatre boulangeries, trois bouchers, cinq ou six épiciers. » Le couple Lochon vend des graines et épisodiquement des plantes. « On faisait les rameaux et quelques plantes fleuries à la Toussaint. Et à Noël, on écoulait 400 sapins ! Il n’y avait pas de grandes surfaces à l’époque. On commençait la vente vers le 5 ou 6 décembre de chaque année. Les sapins avaient été coupés la veille »
500 clients, 300 amis
De cette époque commerçante, Colette garde le souvenir d’une vie d’échanges. « Sur les 500 clients que l’on comptait, 300 étaient presque des amis. Aujourd’hui, les gens sont plus difficiles… » En 1974, le dos de Colette lui intime l’ordre de ne plus soulever de sacs de graines. « On a vendu et j’ai ensuite travaillé dans les assurances pendant vingt ans. » Au Petit jardinier a lui trouvé repreneur plusieurs fois depuis, sans jamais changer de nom.

Marie-France et Hubert Renaudin rachètent le commerce en 2009. Elle est fleuriste depuis 20 ans à Sées et lui, paysagiste. Ils décident d’unir leurs talents et d’embaucher. Ils sont aujourd’hui six à y travailler. « Mais quand j’ai repris, j’étais loin de m’imaginer que la boutique avait cet âge-là. Un an après, on s’est mis à faire des travaux et alors que j’étais dehors, je vois un homme s’arrêter et me dire : attention au Petit jardinier, il faut le laisser en place car c’est moi qui l’ai installé ! » C’était Eugène qui permettait alors à Hubert de comprendre l’histoire du lieu.