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Ariake : une nouvelle ligne pour soutenir l'activité... |
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Pour l'instant, douze salariés travaillent chez Ariake. Ils seront bientôt vingt et un.
Le groupe japonais investit six millions d'euros dans une nouvelle ligne de production sur le site alençonnais. À la clé, neuf emplois. La CGT dénonce les aides publiques accordées au groupe.
Spécialisé dans la fabrication de bouillons et de bases culinaires naturelles, le groupe japonais Ariake s'est installé en 2008 à Alençon. Ce site réalise des produits déshydratés (bouillons et soupes) destinés à la restauration à domicile et aux particuliers. Elle vient d'annoncer la création d'une 2e ligne de production qui va créer neuf emplois : ils sont douze salariés pour l'instant.
« Il s'agit d'une ligne d'extraction destinée à faire des produits liquides et humides pour les industriels » précise Valérie Calvar, responsable administrative. Dans le cadre de ce projet, la Région a accordé vendredi dernier un prêt à taux zéro de 727 500 € à Ariake.
Des aides publiques
Ce que dénonce, dans un communiqué, l'union départementale CGT. « Notre première réaction est de nous réjouir de voir une entreprise créer des emplois dans le département. Ce qui nous réjouit moins, ce sont les conditions accordées à cette multinationale japonaise ».
Le syndicat énonce les aides allouées à Ariake depuis son installation à Alençon : « À l'époque, pour réaliser son projet, le groupe a sollicité le soutien financier de l'Etat, 400 000 € au titre de la Prime d'aménagement du territoire ; la Région Basse-Normandie a versé 200 000 € ; le conseil général 233 000 € ; la CUA 167 000 € dans le cadre de la convention de redynamisation de l'après Moulinex ».
L'UD CGT rappelle en outre que cet argent a été accordé à Ariake « qui s'engageait dans le même temps à créer 50 emplois en trois ans. L'engagement aujourd'hui n'est pas tenu ».
Valérie Calvar tient à revenir sur les sommes avancées par la CGT. « Les 400 000 € de l'Etat étaient conditionnées aux créations d'emplois. Nous n'en avons perçu que le tiers pour l'instant. Quant à l'aide de la Région pour notre installation, elle n'était pas de 200 000 € mais de 168 277 € ».
Gros investissement
Le prêt à taux zéro attribué la semaine dernière (727 500 €) devra être remboursé pour 2018. Il a été accordé dans le cadre de l'ARE (Avance régionale à l'entreprise) attribuée notamment aux entreprises de la région qui se développent.
La responsable administrative rappelle en outre l'investissement de 13 millions d'euros du groupe japonais à la création de l'entreprise et qui en ajoute six pour cette nouvelle ligne de production. « Ariake Japan veut soutenir les emplois déjà créés, parce que le démarrage n'a pas été aussi rapide qu'escompté sur les produits déshydratés ».
Ariake a en effet choisi Alençon pour cette unité d'extraction afin de « soutenir l'activité » déjà existante. L'essentiel de la production partira pour la Japon, alors que la première ligne est destinée au marché européen.
N'empêche que la CGT s'interroge. « Où la Région va-t-elle emprunter cette somme et à quel taux ? Combien donnera-t-on à Ariake si dans huit ans, ils annoncent la création de quelques emplois supplémentaires ? Combien empochent chaque année les actionnaires de ce groupe ? ».
Le syndicat réclame en outre, si des aides sont accordées à des entreprises, « des garanties en contrepartie, comme par exemple le remboursement des aides en cas de non-respect des engagements pris ».