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Attaque terroriste de Condé-sur-Sarthe. La femme tuée pendant l’assaut vivait à Perseigne... |
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La porte de l’appartement garde la trace du bélier utilisé par les policiers pour entrer. © Ouest-France
Hanane Aboulhana, la compagne de Michaël Chiolo tuée mardi lors de l’assaut du Raid à la prison, vivait à Perseigne. Elle était hébergée chez une femme dont le conjoint serait un détenu de Condé-sur-Sarthe, radicalisé lui aussi.
Ce mercredi 6 mars, c’est le calme dans la tour Pascal, à Perseigne. Pourtant, la veille au soir, les hommes de la BRI (Brigade de recherche et d’Intervention) ont perquisitionné un logement jusqu’à tard dans la nuit. La locataire serait la compagne d’un détenu de Condé-sur-Sarthe, radicalisé également. Elle hébergeait depuis quelques mois Hanane Aboulhana, la conjointe de Michaël Chiolo, tuée lors de l’assaut du Raid au centre pénitentiaire.
« On nous a informés mardi, vers 13 h 45, de l’intervention de la police, raconte Christophe Peltier, directeur à la Sagim, le bailleur. On nous a demandé de fournir le plan de l’appartement et le nom de l’occupante. Sans plus d’informations. »
Les voisins ont vu deux femmes
La locataire occupe son logement depuis deux ans. Déclarant résider seule, « elle est à jour dans ses loyers. Rien ne m’a jamais été signalé à son sujet. » Le bailleur n’était pas au courant d’une seconde résidente.
Dans la tour, les voisins confirment bien la présence d’une deuxième femme depuis quelque temps. Toutes deux ne passaient pas inaperçues. « Entièrement voilées, assure un monsieur, ne laissant voir que leurs yeux. Elles portaient des gants. » Il en est certain, la locataire est de type européen. « C’est une convertie, lâche-t-il. Elle parle français, pas arabe. »
Dans un immeuble où tout le monde se connaît, on parle de femmes très discrètes, voire fuyantes. « Elles ne parlaient à personne et disaient à peine bonjour dans les escaliers, relate une dame. Elles se mettaient dans un coin pour nous éviter. Un comportement très bizarre. »
Le Coran et des livres religieux
Des messieurs ont remarqué qu’elles « refusaient toujours de prendre l’ascenseur avec les hommes. » Des voisins ont vu les deux femmes qui sortaient souvent avec des bagages. « Parfois il y avait deux petits enfants, se souvient l’un d’eux. Et deux autres femmes, plus âgées, qui leur rendaient visite. »
Au 12e étage, seule la porte de l’appartement garde les stigmates du passage des forces de l’ordre. D’après un témoin, qui est déjà allé dans le logement, « dans une pièce, il y a un matelas à même le sol, sur un tapis, avec une couverture. Et un sommier à lattes sans rien dessus, et un canapé avec coussins et couverture. » Il se souvient avoir vu « dans un coin, des livres qui traînent par terre. Un coran et d’autres ouvrages religieux, dont un pour enfant. »