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Alençon : Fin de la prise d'otages à la prison1 |
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Depuis 16 h 46, deux détenus de la maison centrale d'Alençon - Condé-sur-Sarthe retiennent un surveillant en otage. Armés de couteaux artisanaux, ils demandent à changer de prison. © Ouest-France
La prise d’otage est terminée au centre pénitentiaire d’Alençon - Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne.
Le surveillant pris en otage par deux détenus depuis la fin d'après-midi a été libéré, à l'issue des négociations. Choqué, il a été pris en charge par les secours. Selon une source syndicale, les détenus lui auraient fait consommer de la drogue et ingurgiter des fruits macérés. Stagiaire, il avait pris son poste en avril.
Les syndicats avaient donné l'alerte
Il y a dix jours, les syndicats exprimaient leur inquiétude pour la période des fêtes dans Ouest-France.
Le 18 décembre, une soixantaine de surveillants de la maison centrale d'Alençon - Condé-sur-Sarthe manifestaient dans les rues d'Alençon pour dénoncer leur sentiment d'insécurité, lié, disaient-ils alors au manque d'effectif. «Il n'y a que deux agents par étage alors qu'il en faudrait quatre», expliquait un représentant du personnel.
Ils étaient ressortis «désabusés» de leur rencontre avec la directrice du cabinet du préfet et le député-maire d'Alençon Joaquim Pueyo. Et particulièrement inquiets pour la période des fêtes de fin d'année, pendant laquelle les effectifs allaient être moins importants.
Christiane Taubira alertée en septembre
Ancien directeur des prisons de Fresnes et Fleury-Mérogis et président du groupe d'études prisons et conditions carcérales à l'Assemblée nationale, Joaquim Pueyo ne minimisait pas le difficile démarrage de l'établissement. «Il faut renforcer la sécurité pour que les agents travaillent dans de bonnes conditions», déclarait-il le 18 décembre, assurant avoir alerté dès septembre la Garde des sceaux Christiane Taubira, venue inaugurer l'établissement le 30 avril dernier.
«La situation est sous contrôle», assurait de son côté le directeur de l'établissement, André Breton.
La prison la plus sécurisée de France
Les deux maisons centrales accueillent à ce jour 70 détenus pour 189 surveillants, 17 premiers surveillants et sept officiers. Des effectifs contestés par les syndicats qui parle de 162 surveillants. La troisième centrale est toujours inoccupée.
Cet établissement - le plus sécurisé de France - accueille des détenus qui purgent de longues peines.