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VIDÉO. Au conservatoire d’Argentan, on rejoue Le Barbier de Séville... |
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Florian, alias Figaro et Valentine, le compte Almaviva, complices lors des répétitions du Barbier de Séville. © Jérémy CHATET
Les élèves de théâtre du conservatoire répètent pendant les vacances la pièce de Beaumarchais. Ils la joueront le 19 mai dans deux lieux historiques à l’occasion de Pierres en Lumières.
Dans le décor nu de la salle de répétition du conservatoire d’Argentan, difficile de se projeter dans un château. « Imagine le balcon, les murs à côté, il y aura aussi plein de portes d’écuries », souffle Alima Benbakir, professeure de théâtre.
Depuis janvier, une vingtaine de ses élèves répètent Le barbier de Séville, une pièce écrite par Beaumarchais, théâtre comique qui narre les aventures du comte Almaviva, qui aidé par le barbier Figaro, souhaite conquérir le cœur de Rosine, jalousement gardée par le docteur Bartholo.
Le défi des élèves ? Être prêts le 19 mai où ils joueront en public, la première partie au château de Sassy à Boischampré et la suite à la Tour aux Anglais à Aunou-le-Faucon, dans le cadre du festival Pierres en Lumières.
Figaro en jogging
Mercredi dernier, ils étaient quatre à répéter. Depuis sa chaise, Alima Benbakir scrute chaque détail. N’hésite pas à faire rejouer les scènes. Lâche quelques compliments. Claque des doigts. Reprend un mot, une phrase, une intonation : « Ne va pas trop vite, reprend. Faites vraiment attention aux pauses. »
« J’ai plutôt l’habitude de travailler des pièces contemporaines mais pourquoi pas du classique, admet Alima Benbakir. Plusieurs élèves joueront le même personnage. Nous utiliserons des masques comme subterfuge. »
Confrontés au manque de temps pour monter la pièce entière, les élèves répètent par petit groupe pendant les vacances. « Si quelqu’un est absent, on ne peut rien faire, c’est compliqué, avoue la professeure. Avec les masques, on a travaillé une gestuelle et un phrasé différents. On s’inspire d’animaux comme le singe qui a des gestes vifs ou la cigogne, plus efféminée. » La professeure souhaite également moderniser cette pièce du XVIIIe siècle : « Ils ne porteront pas les habits de l’époque. Figaro sera en jogging et casquette. »
Beaucoup de plaisir
Florian, alias Figaro, guitare en main, joue les séducteurs et entraîne le comte Almaviva, interprété par Valentine, dans ses combines. « J’ai l’impression que je joue mal sans le masque », doute-t-il. Dans une autre scène, c’est Christelle, en Bartholo, perché sur son escabeau, qui se joue de son domestique Bazile, joué par Marie-Claire. Celle-ci, dos courbé, marche en canard pour mimer les déplacements d’un vieillard. « J’avance comme une limace », sourit-elle.
« Ils prennent beaucoup de plaisir, confie Alima Benbakir. La plupart font du théâtre depuis plusieurs années. Leur seule peur, c’est que le public ne suive pas à la Tour aux Anglais pour assister à la fin de la représentation. »