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PHOTOS. François Cluzet tourne « Normandie Nue » dans l'Orne... |
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Dans Normandie nue, François Cluzet est agriculteur et maire du Mêle-sur-Sarthe. © Flora Gelot
Le tournage du long-métrage Normandie nue a débuté lundi 27 mars au Mêle-sur-Sarthe, dans l'Orne. Immersion sur le plateau, installé vendredi 31 mars dans la salle de réception de l’Hôtel de la Poste de la commune ornaise.
« Silence. Moteur demandé. Ça tourne ! » Marguerite guette l’entrée du plateau de tournage de Normandie nue installé ce vendredi dans la salle de réception de l’Hôtel de la Poste, au Mêle-sur-Sarthe. Son travail ? « Renfort mise en scène. » Depuis 9 h, elle s’assure que personne ne dérange le tournage, que ce soit en rentrant sur le plateau ou en faisant du bruit dehors. Pas sur la pointe des pieds et chuchotements. Les techniciens jouent au roi du silence.
François Cluzet, ou plutôt Balbuzard dans le film (lire Ouest-France du 10 mars 2017) est en forme. Il se tient debout. Face à une trentaine de comédiens et figurants assis sur des chaises rouges. Ils interprètent des agriculteurs. « On va se mettre tout nu sur un Champ », lance le premier rôle du film. Après un silence, Eugène (interprétée par Philippe Rebbot) lui demande ce qu’il raconte. « Il y a un photographe américain qui est arrivé tout à l’heure. Une célébrité. Il veut mettre tout le village tout nu. Sur un champ. »

Rires et émotions
Deux caméras, une fixe et une variable, filment la scène. Deux assistants du chef-opérateur du son portent à bout de bras des perches. Au fond, Laurent, ingénieur du son, porte un casque audio. Il contrôle le bon enregistrement des dialogues, l’absence de bruits parasites et les niveaux d’enregistrement.


« Coupé ! C’était excellent ! », s’exclame Philippe Le Guay, réalisateur du long-métrage. Marguerite suit de l’extérieur le tournage grâce à son oreillette. « C’est coupé ! Merci ! », signale-t-elle à son tour aux techniciens silencieux attendant dehors.

À l’intérieur, Philippe Le Guay prend deux minutes pour diriger les comédiens. « Si vous pouviez être un peu plus enthousiaste à ce moment-là… » Il vérifie ensuite le cadrage des caméras, puis reprend sa place derrière un écran. La scène se rejoue une fois, deux fois, trois fois… Et ce deux heures durant.

11 h 15. C’est l’heure de la pause-café. Les comédiens quittent le plateau en riant. Jean, figurant, se fait plus discret. « C’est émouvant. Je suis ancien agriculteur. J’ai subi la crise, ma maison a été vendue aux enchères en 2009 et ma femme s’est suicidée. » Ses yeux bleus brillent. « J’aurais aimé qu’elle puisse voir ce film. Agriculteur ce n’est pas qu’un métier, c’est toute une vie. »
« On y retourne ! » Il est 11 h 30. Tout le monde se remet à sa place. Ou presque car les techniciens ont profité de la pause pour inverser les champs (ce qu’on voit à l’écran) et hors-champ (ce qu’on ne voit pas à l’image). La même scène se joue en boucle, avec quelques variations de plans et d’intonations jusqu’à la pause déjeuner, à 13 h.

14 h. Place au tournage de la deuxième partie de la séquence. Les prises s’enchaînent. « Coupé ! Bravo ! » Philippe Le Guay frappe dans ses mains. « Vous avez été parfaits ! Merci ! La journée est terminée ! La semaine aussi ! Bon week-end ! »
