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Argentan. Après la mort de Fabrice Miguet, les motards en deuil... |
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Le motard de 49 ans, originaire de Chambois, est décédé samedi 11 août sur les routes d’Irlande du nord alors qu’il disputait l’Ulster Grand Prix. © Archives Ouest-France
Le motard de Chambois est mort samedi à 49 ans, lors d’une course en Irlande du Nord. « Mig » était une personnalité unanimement appréciée, sur et en dehors des circuits.
« Tu restes pour moi l’icône du motard passionné, toujours souriant, déconneur et d’une énorme gentillesse. » Les proches et les supporteurs de Fabrice Miguet sont inconsolables. Le motard de 49 ans, originaire de Chambois, est décédé samedi 11 août sur les routes d’Irlande du nord alors qu’il disputait l’Ulster Grand Prix.
Cette épreuve de vitesse est très appréciée des motards avides de sensations fortes, à l’instar de « Mig ». « [Il] nous a payé un coup en nous racontant [ses] courses, avec cette étincelle de la passion de la vitesse dans les yeux », se souvient Gildas Guihard, qui l’a rencontré en 2012 au Tourist Trophy de l’île de Man.
Mort cérébrale
Au guidon de sa Kawasaki, Mig a lourdement chuté sur le circuit de Dundrod. Transféré à l’hôpital Royal Victoria de Belfast, il est en état de mort cérébrale, « le temps que l’on prélève tous les organes qui serviront à sauver d’autres vies », expliquent Yvette et Gabriel, ses parents.
Né le 29 juillet 1969, le garçonnet - fils unique - a d’abord été élevé par sa tante, Éliane Rich. « Notre travail nous accaparait », expliquent ses parents. Si sa scolarité (collège Trégaro à Gacé, Esat de Giel puis institut Lemonnier à Caen) l’éloigne de Chambois en semaine, c’est là qu’il revient chaque week-end faire vrombir son cyclo.
« Fabrice aurait aimé être pilote de chasse. On avait écrit à Charles Hernu, alors ministre de la Défense, pour qu’il intègre le lycée militaire du Prytanée, en vain », poursuit Yvette.
À défaut d’un manche d’avion, ce sera un guidon. « Il en a fait, des tours du village en mob ! » Viendra ensuite le temps des grosses cylindrées. Mais jamais au quotidien. « J’adore la vitesse. C’est pour ça que j’en fais en compétition, pour ne pas rouler vite sur nos routes », confiait l’intéressé.
Pendant 25 ans, il lâchera les chevaux sur les circuits, au Mans, en Angleterre, en Belgique, en Tchéquie, aux États-Unis et même à Macao, en Chine. Avant ce funeste samedi irlandais.
Cinquante jours par an
Bac de tourneur-fraiseur en poche, Mig a cumulé les métiers (vendeur de motoculteurs puis de pièces moto, magasinier en entrepôt frigorifique) pour financer sa passion.
« Grâce à son dernier employeur, il pouvait faire 50 jours de compétition par an » , précise Yvette Miguet. Considéré par beaucoup de spécialistes comme le Français le plus rapide de l’île de Man, « il vivait et dormait moto. Son atelier était rempli de pièces de mécanique » , se souvient Étienne Lambert, le maire d’Avoine, où le pilote résidait avec sa compagne.
La date des funérailles n’est pas encore totalement arrêtée. Probablement le vendredi 24 août, après les prélèvements d’organes et le rapatriement en France.
« La Fédération des motards annonce la venue d’une délégation de 300 motos ». L’église de Chambois sera trop petite. Car le cœur de Mig était grand.